Pourquoi nous quittons la majorité municipale (2/2)

Publié le par les élus Verts

Hier nous retranscrivions la première partie du discours prononcé par Alain Amédro, Président du groupe des élus Verts Aulnay Ecologie, au Conseil municipal du 8 avril 2010. Voici ci-dessous la dernière partie de son intervention.

Donnons-nous tous les moyens à notre politique sociale, qui aurait besoin d’un bien plus grand soutien ! dans ce contexte de crise économique et d’une politique gouvernementale qui en amplifie les effets sur les plus pauvres par une politique de redistribution à contre courant ?


Concernant notre politique sociale et le développement solidaire de notre territoire tout d’abord. Quand nous maintenons la subvention allouée au CCAS au même niveau que celui de l’an passé (732 000) alors que les demandes ont augmenté, pouvons nous affirmer que nous mettons réellement toute notre énergie pour lutter contre la misère sociale et la précarité ? Quand nous opérons un démantèlement progressif de cette structure par un transfert de l’accompagnement social lié au logement, c’est une véritable procédure de divorce avec les valeurs de la gauche que nous entamons.


Aujourd’hui qu’a t-il été fait de concret pour réduire notre consommation d’énergie dans les bâtiments communaux ? Rien. La réalisation d’un bilan carbone sur l’ensemble des bâtiments communaux aurait été un préalable, et le lancement d’une étude aurait du être programmé, nous permettant ensuite d’élaborer un plan pluri-annuel de travaux de réhabilitation. Or, les études budgétées en 2009 n’ont pas été lancées, et en 2010 le budget ne prévoit toujours rien sur cette question malgré nos interventions répétées sur l’importance de nous atteler rapidement à la performance énergétique des bâtiments et à une gestion plus économe de l’eau. Pas réalisé car la direction du développement durable a fait l’objet d’une politique de réduction des effectifs. Preuve supplémentaire d’une fermeture obstinée d’une partie de la majorité municipale au défit écologique, le démantèlement de la direction de l’environnement et du développement durable, réduite actuellement à 2 agents et dont la direction se trouve agrégée à une mission aux contours à la fois vastes et mal définis.

Que dire de l’agenda 21, un an après la délibération ? Qu’il a fait l’objet de résistance, d’opposition et d’une perte de temps et d’énergie avec un risque de confusion avec les différentes démarches en cours.


Nous prenons ainsi un retard de deux ans face aux défis que nous ne pouvons plus faire semblant d’ignorer : la crise écologique et ses graves conséquences sur les plus démunis d’entre nous. Ce que vous n’avez malheureusement toujours pas compris, c’est que ces dépenses que nous aurions voulu que la ville consacre aux études pour les économies d’énergies ne sont pas une obsession de quelques uns, au contraire c’est la condition pour que le chauffage, l’eau chaude ne soient plus un fardeau insupportable chaque mois pour des centaines de ménages qui ne peuvent plus faire face. Ces économies d’énergies, pour notre commune auraient été également une véritable source de réduction de dépenses de fonctionnement.

Même commentaire pour la lutte contre le bruit, avec la suppression de l’étude du mur anti bruit de l’A3.

Sur les questions de partage de la voirie et notamment du réseau cyclables : c’est O€ dans le métrage et 40000 € pour un schéma vélo.


En décembre, dans une tribune, nous tirions la sonnette d’alarme face à ce qui tourne le dos à nos valeurs démocratiques, à nos engagements et à notre éthique : paroles coupées  en conseil municipal, sanction-exclusion d’Elus Municipaux d’organismes où ils siégeaient et travaillaient bien, courriers anonymes, annonce par voie de presse de décisions encore en débat au sein de la majorité, personnalisation et centralisation du pouvoir.


Nous écrivions que Ce dernier point était illustré par le long entretien du Maire sur l’urbanisme, écrit sans dialogue avec l’Adjoint en charge de la question. C’est sûrement pourquoi les enjeux environnementaux y étaient absents : rien sur l’éco-quartier, rien sur les économies d’énergie importantes tant socialement qu’écologiquement, rien sur les aspects démocratiques. Deux articles ont poursuivi les mêmes pratiques.

 

Ces pratiques ne sont pas à la hauteur des attentes des Aulnaysiens et s’écartent des engagements démocratiques et écologiques que nous avons pris ensemble devant les électeurs. Pour notre part, nous nous sommes engagés pour construire ensemble des politiques publiques et partager des idées, pas des places.

Nous sommes particulièrement attachés aux valeurs émancipatrices de la gauche, attachés à la démocratie, à la laïcité, à l’égalité des droits notamment face aux services publics du logement, de l’emploi notamment. 


Nous appelions notre majorité au rassemblement face aux défis communaux, nous appelions le maire à retrouver les voies du dialogue au sein de notre majorité. Nous appelions les uns et les autres à être exemplaires afin d’être crédibles dans les efforts que nous demandons aux Aulnaysiens et aux agents municipaux.

Vous avez vivement protesté mais n’avez rien changé, ou à la marge.


Sur le personnel communal, je voudrais dire que nous n’approuvons pas cette gestion qui d’un côté annonce des restrictions et de l’autre embauche dans les services, des gens, amis, de façon quelque peu opaque.

Une gestion qui provoque mal être au travail, notamment par des changements d’organigramme qui insécurisent le personnel dont l’encadrement. Je le dis ce n’est pas l’humanisme de Monsieur mercier qui est en cause.


Ces désaccords, nous les avons toujours fait connaître dès qu’ils pointaient : en bureau municipal, par des courriers et des notes, par des rendez-vous. Nous les avons toujours assortis par des propositions alternatives, recherchant systématiquement la voie du consensus plutôt que celle du passage en force : choix du passage en force, Monsieur le Maire, que vous avez chaque fois privilégié. Lors de notre dernier entretien, je vous ai dit notre désaccord sur les coupes franches, sur certaines méthodes concernant les questions de personnel. Nous ne voterons pas ce budget et nous vous présentons notre démission des délégations que vous nous aviez confiées en mars 2008.

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