Pourquoi nous quittons la majorité municipale (1/2)

Publié le par les élus Verts

Lors du Conseil municipal du jeudi 8 avril, notre groupe "les Elus Verts Aulnay Ecologie" a annoncé qu'il ne voterait pas le budget primitif 2010, que les Adjoints (Claire Dexheimer, François Siebecke et Alain Amédro) présenteraient la démission partielle de leur mandat d'adjoint et rendraient, ainsi que Claire Vergé, Conseillère municipale déléguée, les délégations qui leur ont été confiées en mars 2008. Les raisons qui ont entraîné cette décision sont profondes. Lors de son intervention Alain Amédro les a exposées. Voici la première partie de cette intervention.

 

Madame, Monsieur, chers collègues,


Je concluais mes propos sur les orientations budgétaires par ces mots : « Le budget sera donc le moment de concrétiser nos réponses. Les orientations appellent des RDV avec la vérité des prix, c’est le vote du budget qui dira si les paroles sont des faits, comme disait Victor Hugo : « faire ce que l’on dit, dire ce que l’on fait ». Ca sonne presque comme des vœux pour 2010. »


En effet, le vote du budget est le moment clef dans la vie d’une commune, un de ces moments fondateur d’une majorité :

a t-il été fait en concertation, dans l’écoute mutuelle ?

Les engagements d’hier sont-ils les projets d’aujourd’hui, les bases de la confiance sont-elles bien présentes ? les besoins exprimés en terme sociaux, environnementaux, économiques et démocratiques sont-ils présents dans ce budget ?

Les sensibilités de cette majorité ont-elles été écoutées, leurs idées intégrées dans la mise en place de ce budget ?


Nous avons été surpris des délais de communication des documents : trop courts pour les documents officiels, et inexistants en ce qui concerne les éléments finalisés par délégations suite aux décisions prises en séminaires.


Les engagements d’hier sont-ils respectés ? C’est important de pouvoir ainsi travailler dans le souci de la parole donnée, dans le respect de ses partenaires.

Je voudrais prendre un exemple : La Roseraie Honoré Daumier, nous avons voté à deux reprises et à l’unanimité la mise en place de jardins partagés dans ce parc de la ville. Je vous rappelle les objectifs tels qu’il sont présentés dans l’agenda de la ville, notamment : page 22.

Or, ce projet est absent des investissements 2010.Il y a un discours pour présenter notre ville et la réalité des faits. Le projet est pourtant prêt techniquement et le CA a montré qu’en la matière notre niveau de réalisation des projets prévus n’était pas au plus haut. Prêt financièrement avec les dossiers de subvention à votre signature depuis janvier 2010 mais non transmis à la Région.

Nous le disons sans détour : c’est inacceptable alors que nous avons réalisé une concertation, comme nul autre projet, que nous avons modifié le projet pour prendre en compte les avis, notamment des riverains avec qui nous devions avoir encore des réunions, alors que le recrutement des futurs jardiniers en herbe était en cours…


Vous avez ainsi cassé une ambition forte de répondre à des besoins sociaux et environnementaux, vous avez remis en cause le travail des services. Or vous aviez pris, nous avions pris des engagements et vous faites l’inverse de ces engagements. Vous avez choisi de réduire ainsi de 65% le budget investissement des espaces verts par rapport aux besoins exprimés. Nous avons réussi à sauver le square de Volpati pour répondre aux besoins d’espaces verts dans le quartier Arc-en-Ciel notamment.

Mais nous savons aujourd’hui qu’entre être inscrit dans le budget et aller jusqu’au bout de la réalisation, il y a le fait du prince !

Or, soigner les parcs, les agrandir notamment pour des jardins partagés c’est répondre aux besoins des familles sans jardins et permettre aux aulnaysiens de se retrouver en famille, entre amis… Je sais que quelques uns pensent que réduire le nombre de fleurs de notre ville, notamment en terme de labélisation, pourrait être une solution budgétaire, or cela ne fera que casser l’image de notre ville et démobiliser services et populations…

Je me suis particulièrement investi dans cette délégation et dans ce projet et avec moi, c’est le plus appréciable, tout un service, toute une direction. Je ne comprends pas cette façon de diriger votre majorité en désavouant vos adjoints, de diriger votre commune en cassant des dynamiques en cours…

Nous considérons que la confiance doit être la base d’un mode de gouvernance sain et efficace : Les aulnaysiens doivent pouvoir avoir confiance dans leurs élus et engagements, les élus de la majorité doivent pouvoir compter sur les engagements pris devant la population et pouvoir les mener à bien.

La confiance n’est pas au rdv de ce budget et de vos pratiques politiques.


Autre exemple, nous avons préempté en 2009 deux pavillons rue Jules Princet pour d’une part les enlever d’une acquisitions quelque peu agressive, permettre de mettre en place un eco-quartier qui ne commence pas par s’attaquer à son patrimoine. J’ai reçu et travaillé à plusieurs reprises avec la population du quartier à qui nous avions décidé, ensemble, de donner la possibilité de présenter un projet au 57 rue Jules Princet. Ils se sont mis sérieusement au travail et nous ont fait parvenir un dossier en janvier 2009 et sont toujours dans l’attente d’un RDV de votre part. Mais la réponse est venue en conseil de quartier : vous avez décidé unilatéralement de détruire ces deux pavillons, foin du projet, des engagements pris auprès de la population et de l’adjoint en titre à l’urbanisme. Il est vrai que nous étions avant le recours, au moment des promesses. Ceci explique peut-être cela.

En terme d’urbanisme économique : décision sur Jimeï sans concertation, sur le multiplex pareil avec des annonces intempestives… dans la presse.

Nous avons rappelé les conditions de mise en place de la première modification du PLU, entorse à notre contrat de mandature : décision prise sans consultation de l’adjoint. Quant à la deuxième, les mêmes méthodes mèneront aux mêmes crispations, y compris sur des points que nous soutenons comme la construction de logements en centre ville, sur des terrains qui nous appartiennent pour y construire des logements pour les aulnaysiens… Consultation, concertation, prise en compte des avis, ne fait pas perdre du temps mais crée de la décision partagée, du consensus… Une ville apaisée !

J’ai fait une proposition pour intégrer une vraie politique du logement social dans les constructions neuves. Si nous voulons répondre à la crise du logement, il nous faut des outils efficaces. Diminuer la surface qui déclenche du logement social de qualité (BBC). 2000m² pour 20% de logement social par exemple rue du 14 juillet. Respect aussi de l’environnement et de la parole citoyenne. Arc en Ciel, Balagny…

Cela donnerait une cohérence à notre ville dans le respect de chacun… Ne pas opposer les uns aux autres mais faire une ville pour toutes et tous, enfants comme personnes âgées… Vous avez au contraire utilisé la manière forte par moment face à la population et notamment à Arc-en-Ciel, l’accord puis le retrait par rapport aux promoteurs


Des exemples qui montrent cette manière que vous avez eu de divorcer de vos propres engagements, de ce que devraient être des valeurs de la Gauche, d’une Gauche attentive à ses méthodes, à ses engagements et à la manière dont elle les met en place. Une gauche capable de vivre sa diversité autrement que par le rapport de force mais aussi par l’intégration d’idées, de projets et de sensibilités au cœur de son organisation.

là, vous faites appel à votre autorité de maire, confondant autoritarisme et autorité, qui naît du respect de celui qui sait l’exercer avec talent.


Le budget n’a pas gardé un certain nombre de nos propositions en matière de sauvegarde du patrimoine et notamment rue de l’Hôtel de ville. Là encore, l’équilibre a été rompu par vos méthodes : décisions prises sans concertation.

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