Penser la ville autrement : entretien avec Alain Amédro (2/3)

Publié le par les élus Verts

En terme de gouvernance, le maire semble avoir oublié qu’il vous a confié une délégation à l’urbanisme ?

En effet, je crains que depuis nos propositions sur les cités Arc-en-Ciel et Balagny, il y ait une volonté de  nous ostraciser, de nous mettre au placard. Nous pensons que les adjoints doivent être associés aux décisions, partie-prenante des décisions et non seulement informés. Mais même l’information n’est plus partagée, des réunions sont organisées sans m’en informer ni mon secrétariat, les réorganisations des services se font sans dialogue avec moi. Mais, sur ces aspects, je vois beaucoup de souffrance dans le personnel communal… et je ne peux que le déplorer. Nous en reparlerons.

Revenons sur la modification du PLU, s’est-elle  passée dans de bonnes conditions ?

Non, c’est une des entorses majeures dans notre contrat de mandature de la part du maire. J’ai joué pleinement la solidarité de la majorité en assumant une décision prise sans consultation, en mon absence pour congé de paternité, sans m’en informer de la moindre manière ni alerter mon secrétariat. Je n’ai donc pas pu participer aux arbitrages sur cette modification.

Imaginez ma surprise, ma consternation aussi, de découvrir la modification du PLU sur les panneaux d’information municipaux, en y lisant l’arrêté d’enquête publique. J’ai à ce moment là vivement protesté en interne et prévenu que si ces méthodes se poursuivaient nous ferions part publiquement de nos désaccords…

Qu’avez-vous fait à votre retour ?

J’ai d’abord constaté qu’aucune disposition démocratique n’avait été prise pour accompagner cette modification du PLU. Et l’essentiel est bien là. Comment informer les aulnaysiens des décisions à défaut de les associer ?

Concrètement :

J’ai programmé une commission d’urbanisme extraordinaire. Elle a été très utile pour les élus, et notamment de la majorité, qui ont découvert, en même temps que l’opposition, des dispositions importantes et loin d’être anodines. J’ai une lettre qui retrace toutes mes remarques.

J’ai réclamé un supplément d’Oxygène sur le PLU, que j’ai obtenu mais dont la sortie a été trop tardive. Une réunion publique a enfin été organisée. Je n’ai donc pas été inutile dans cette phase pour les habitants. C’est là l’essentiel !

J’aurai souhaité pouvoir discuter en amont avec les associations, notamment de la suppression du Coefficient d’Occupation des Sols. C’est une décision importante qui nécessitait de prendre les avis de personnes averties. Aulnay Environnement travaille depuis des années sur ces questions, dialoguer avec elle nous aurait permis de mesurer les craintes mais aussi les propositions et de les étudier. Je n’ai pas compris cette précipitation.

Cette solidarité, dont vous avez fait preuve a t-elle permis que vous soyez mieux écouté et pris en compte ?

J’ai été victime, au contraire, de façon anonyme et répétée de caricatures de nos propositions avec une personnalisation des sujets de fond. Le tract du parti socialiste sur les projets Balagny m’a dénigré plus qu’il n’a fait de proposition.

Mais je n’ai pas été la seule victime de méthodes d’un autre âge : contre-manifestation manipulatoire, pressions, absence de dialogue, et là encore caricature des positions des aulnaysiens, qui se sont sentis parfois humiliés par tant de dédain et de fermeture… Beaucoup sont passés pourtant de la contestation à la proposition. Il faut étudier leurs propositions.

Vous avez des exemples ?

Le collectif de la rue des Saules fait une proposition de 10 pavillons passifs. C’est le top en matière énergétique. Il s’est mis au travail de façon sérieuse au sein même des conseils de quartier; alors travaillons avec lui concrètement, au regard de l’intérêt général. Le projet final aura sûrement évolué et il y est prêt.

On nous dit aujourd’hui, qu’il y a un projet entre l’OPH et l’IME Toulouse Lautrec. Je ne le connais pas, je sais juste que le conseil d’administration de l’OPH  a donné son accord pour des études préparatoires. Ces terrains appartiennent à la ville, n’aurait-il pas été normal qu’une décision d’orientation soit prise par l’équipe municipale en lien avec les promesses faites par le maire à la population de ces quartiers. Et là encore, il ne s’agit pas d’opposer un objectif à un autre, les riverains contre les personnes handicapées mais d’étudier ensemble comment un projet élaboré ensemble peut répondre à l’intérêt général.

Imaginez que nous trouvions un consensus et qu’un projet sorte de terre avec l’aval de la mairie, des habitants. Il deviendrait un exemple entraînant, positif,  permettant de redonner confiance dans la capacité des habitants d’être écoutés, d’être pris en compte et d’entendre à leur tour les idées et contraintes des élus. C’est de la Politique avec un grand P !

Autre exemple, les riverains des 57 et 59 rue Jules Princet, qui ont travaillé sur un projet associatif pour faire vivre une des deux maisons. Là encore, quelle déception pour moi, et pour les riverains. J’ai œuvré pour que ces maisons soient préemptées et j’ai suivi avec l’accord du maire l’élaboration de propositions pour créer un lieu associatif. Un projet intéressant, facteur de lien et d’échange entre les habitants a mobilisé le temps et l’énergie de tous. Pourtant aucun rendez-vous ne leur a été fixé, et l'idée d'une démolition inéluctable a tenté d'être imposée par une surestimation ou une erreur sur les prix des travaux. Or, nous sommes face à un projet qui mérite d'être tenté et qui mêle les considérations sociales, environnementales et patrimoniales.

C’est l’enjeu d’une ville apaisée ! Cela mérite que l’on sorte des blocages à tous les niveaux. J’appelle pour ma part à ce sursaut, l’inverse serait désespérant et nous avons besoin d’espoir, de dialogue et de changement : réussir ensemble des réalisations de qualité.

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Stephane Potié 05/03/2010 11:38


D'accord avec vous à 100% que ce soit pour les projets ou la vision globale de la ville. D'ailleurs si j'ai voté pour Gerard Segura aux dernières municipales, c'est bien uniquement pour la présence
des Verts sur sa liste, et je pense ne pas être le seul dans ce cas. A méditer...
Cordialement.
Stéphane Potié.