Le leurre de la voiture électrique et des agro-carburants

Publié le par les élus Verts

Un grand nombre d’entre nous, soucieux de préserver la planète, veulent réduire leur empreinte écologique, et à juste titre, réduire leur consommation d’énergies fossiles (pétrole, gaz etc.) principales sources de gaz à effet de serre. Une de nos activités la plus gourmande en énergie fossile, à côté du logement (au sens large) sont nos déplacements. Pour autant, faut-il se lancer tête baissée vers un usage systématique des voitures électriques et substituer à l’essence ce que trompeusement certains appellent des bio-carburant ? Ils ne sont en réalité que des carburants végétaux produits par la filière agricole, d’où leur nom véritable d’agro-carburant.

 

Ainsi que le titrait l’association France Nature Environnement dans un dossier sur la voiture électrique, « La voiture propre n’existe pas… ». En effet l’électricité est source d’émissions de gaz à effet de serre quand elle est produite à partir du charbon et du fioul, mais aussi quand elle provient du nucléaire ! La production d’électricité suffisante pour remplacer chaque voiture roulant à l’essence par une voiture électrique nécessiterait la construction de centrales supplémentaires.

 

D’autre part, les agro-carburants souvent présentés comme une solution face aux émissions de gaz à effet de serre affichent des bilans énergétiques, écologiques et sanitaires qui sont loin d'être satisfaisants. En outres, ils entrent en compétition avec la production alimentaire. En effet, les surfaces agricoles européennes étant insuffisantes, l’Europe serait dans l’obligation d’importer des agrocarburants issus de la déforestation en milieu tropical (Brésil, Indonésie, Malaisie, etc.) avec des conséquences dramatiques pour la biodiversité et l’agriculture vivrière locale.

 

Des alternatives à la voiture individuelle existent (le co-voiturage, l’auto partage), des expériences innovantes en matière de transport de marchandises en ville ont été menées et permettent de réduire considérablement les nuisances sonores et la pollution atmosphérique. L’explosion de la mobilité urbaine liée aux trajets domicile - travail doit trouver une solution dans une autre manière de concevoir la ville… Mais ce sujet nécessiterait un article complet à lui seul.

 

C’est donc d’avantage vers une incitation à changer nos comportements en facilitant des nouveaux usages de la voiture et en repensant la mobilité, qu’il faut nous tourner plutôt qu’en faisant la promotion de fausses bonnes solutions.

Publié dans énergie

Commenter cet article