Extrait de l'intervention d'Alain AMEDRO - Conseil Municipal du 11 juin 2009

Publié le par les élus Verts, Aulnay Ecologie

Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’intervention d’Alain AMEDRO au conseil municipal du 11 juin 2009 sur la délibération n°15 portant sur le projet de constructions rue Maurice Nilès et rue Arc-en-Ciel

 

 "On est à la fois dans une crise du logement, le Président de la République, lui même, a dit qu’il faut construire 70 000 logements par an pour répondre à cette crise sociale, et dans une crise écologique qui nous pousse à créer du logement de qualité, et les deux sont indissociables aujourd’hui.

 

Il faut qu’on soit en capacité de répondre à ces deux crises de façon démocratique et donc en lien avec, à la fois, les élus bien évidemment et, avec la population. Revenir sur le passé pour dire qu’il y avait une opacité totale, ça, chacun le sait, ça devient redondant mais c’est vrai. Pendant 25 ans, on n’a pas eu beaucoup de consultations sur cette ville. Le travail qu’a fait Miguel HERNANDEZ pour présenter le dossier à la population est à tout à son honneur.

 

Ensuite, aucun logement pendant 25 ans, par contre du logement de standing, de mauvaise qualité, mais de standing quand même !

 

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme « démolition - reconstruction de l’ANRU ». Il a fallu à la commune une certaine urgence, qu’on peut regretter, mais une urgence qu’il a fallu assumer, chercher où l’OPH mais aussi le Logement Francilien allaient reconstituer l’offre de plus de 600 logements. Nous avions un danger de perdre tous les financements ANRU et donc, voilà les enjeux : enjeux sociaux, enjeux financiers et enjeux écologiques.

 

On regarde le dossier attentivement, sans à priori et là, on a un problème de méthode. Problème de méthode de la part de l’OPH, monsieur le Maire, qui a déposé un permis de construire sans en parler aux élus ou en tout cas, pas à l’élu en charge de l’urbanisme. Donc, on se trouve dans une situation, aujourd’hui où, en effet la concertation peut se poursuivre sauf qu’il va falloir que l’OPH, monsieur le Maire, enlève son permis de construire parce que sinon, la concertation est prise dans un étau législatif ou, en tout cas, réglementaire, où il va falloir soit que nous signions le permis de construire soit qu’il soit accordé de façon tacite.

 

A la lecture du dossier, il m’a semblé que le projet est intéressant à plusieurs titres : au niveau architectural, des avancées environnementales en terme de matériaux, en terme énergétique, des avancées dont nous avons commencé à discuter avec l’OPH pour compléter les choses. Il faut regarder aussi l’environnement immédiat. On trouve qu’il occupe de façon excessive le terrain aujourd’hui laissé vacant. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire de logements, ce qui veut dire qu’il faut être responsable, qu’il ne faut pas, selon nous - je parle au nom du Groupe « Les Verts » - faire un projet de 24 logements, il faut faire un projet de 12,13, 14 logements et permettre de dégager un terrain devant. Ça veut dire que si on enlève 12 logements là, il faut les trouver ailleurs.

 

Et bien, on a des propositions à faire que nous ferons ce soir.

Il faut négocier notamment avec le promoteur de la rue du 14 juillet, monsieur le Maire, pour qu’il y ait une dizaine de logements qui sorte dans les 18 mois. Il est en capacité de le faire. Et là, on revient à la notion de densité. Cette notion de densité que je défends, je la défends en centre ville, je la défends près des transports, je la défends près des espaces verts, je la défends près des commerces.

 

Il faut qu’il y ait du logement social, il faut qu’il y ait une mixité dans ces bâtiments là et donc, c’est rue du 14 juillet, c’est rue Fernand Herbaut, c’est tout autour de la gare où nous avons des exigences en matière de logement social, de qualité environnementale.

 

Il faut apprécier la question du logement, la question de la crise du logement, non pas sur une parcelle, non pas sur un bout de territoire, mais bien sur l’ensemble de la ville, ce qui va nous permettre précisément de ne pas renouveler les erreurs du passé. On a ici un projet où l’OPH a fait un vrai effort d’intégration de différence de volume mais, moi, je trouve que c’est excessif.

 

Mes propositions : 12 logements ici, 12 logements rue du 14 juillet, renégociation avec le promoteur, retrait du permis de construire, non pas pour renoncer aux logements sociaux mais pour approfondir les choses avec les élus - c’est la moindre des choses et notamment en ma qualité d’élu chargé de l’urbanisme - et avec la population bien évidemment. Quand je dis la population, c’est celle du quartier et c’est l’ensemble de la ville, il faut prendre la juste mesure des besoins de notre ville et il faut, ensemble, que l’on soit capable de discerner où est l’intérêt général, où est la mesure en terme de constructions et quel type de densité on veut avoir.

 

Il faut qu’on ait ce grand débat, non pas en courant comme le fait la Droite, de riverain en riverain, pour leur dire : « oh la la, ce n’est pas bien ! », oubliant juste que le Plan Local de l’Urbanisme (PLU) mis en place a favorisé un certain nombre de constructions, notamment en centre gare et notamment pour des raisons, je dirais sociales et environnementales « Plus on met de logements près de la gare et moins on a de voitures, et plus on fait acte justement, de préservation de l’environnement ». Ce que j’ai du mal à supporter dans ce débat, c’est cette espèce de mauvaise foi de ceux qui ont fait adopter un PLU et qui, aujourd’hui, courent de rue en rue en disant « Regardez ce que fait la Gauche, elle veut bétonner… » .

 

 

Dans ce débat, il faut « mettre les cartes sur table ». Parce qu’on veut du logement, et bien, il faut le faire avec les formes. Parce qu’on veut du logement, il faut le faire de façon qualitative et parce qu’il faut répondre à la crise écologique et à la crise sociale, et bien, il faut le faire avec qualité."

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