Accueil des populations Rrom : Europe, Etats, collectivités locales, à chacun de jouer son rôle

Publié le par les élus Verts

Après les déclarations scandaleuses du Président de la République, faisant l’amalgame entre gens du voyage et populations Rrom, et les stigmatisant, nous avons souhaité donner les pistes pour lancer la dynamique d’une politique durable sur la question de l’accueil des réfugiés Rrom (car c’est bien de cela dont il s’agit) dans notre pays. Si les seules collectivités territoriales ne disposent pas de tous les outils réglementaires pour mettre en place des dispositifs d’accueil durables, elles peuvent enclencher une dynamique positive, si ce n’est vertueuse en la matière.

  

L’été semble propice aux expulsions à répétition de campement Rrom. Après la destruction du camp du Hanul de Saint-Denis le 6 juillet dernier, celui de Dunkerque le 16 juillet, il n’est pas une semaine sans que l’on apprenne l’évacuation, par car de CRS et bulldozer, de campements parfois installés depuis fort longtemps et comme c’était le cas à Saint-denis, dans le cadre d’une convention d’occupation signée avec la commune.

 

Au Hanul (auberge en roumain) justement, cette convention signée depuis 2003 a permis que les familles disposent d’une alimentation en eau, des toilettes, d’un ramassage des ordures et que les enfants soient scolarisés. Mais, le gouvernement en recourant à la force publique pour mettre fin à un problème, n’a rien réglé, il n’a fait que déplacer le phénomène.

 

L'enjeu de la problématique des Rroms est principalement l'accès aux droits (santé, école, logement, travail) et l'insertion. Elle se joue à un échelon qui dépasse celui des communes, parce que le travail global d'insertion, notamment professionnelle, fait appel à des structures et dispositifs réglementaires qui ne relèvent pas de la compétence municipale (statut des personnes, paiement par l'employeur des sommes nécessaires à l'organisme d'accueil des migrants, liste de métiers accessibles ou non, droit à la formation professionnelle, accès au logement etc).

 

Il serait donc illusoire de penser que sans la mobilisation de l’ensemble des forces institutionnelles nous parviendrons à une solution durable sur cette question. La Région Île-de-France a mis en place un fonds de résorption des bidonvilles, il permet le financement d’habitat modulaire et l’aménagement de terrains.

Toutefois c’est de l’Etat français que vient le principal blocage en refusant l’accès au travail depuis 2007 (date de l’entrée dans l’UE de la Bulgarie et de la Roumanie) par l’instauration de mesures transitoires, qui les excluent du marché du travail et des prestations sociales.

En laissant ainsi se détériorer les conditions de vie et en bloquant toute dynamique d’installation de ces populations, le gouvernement justifie sa politique d’expulsion dont on sait qu’elle est parfaitement inefficace.

De son côté l’Union européenne se cantonne aux colloques et déclarations de principe sans grande concrétisation sur l’aide aux territoires.

Face à ces difficultés, des collectivités se sont engagées pour enclencher une dynamique positive, avec des moyens même limités : c’est la cas du village d’insertion d’Aubervilliers, de la MOUS mise en place à Montreuil, du territoire de Plaine commune.

Mais les coûts de gestion d'un nombre important de "réfugiés" sont bien trop importants pour une seule commune ou une seule intercommunalité (la ville de Montreuil y consacre 1 million d’euros par an) pour ne faire, et c’est déjà énorme, qu’assurer la survie des populations prises en charge.

Pour cette raison, un collectif d'élus de Seine-Saint-Denis s'est parallèlement constitué en juin 2009, à Montreuil, pour partager les pratiques en matière d'insertion des Rroms et mettre l'Etat devant ses responsabilités en coopérant avec l’échelon local.

Vous pouvez également lire le communiqué de presse du collectif Romeurope en cliquant ici.

Publié dans société

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