Un accès à l'IVG médicamenteuse dans les CMS

Publié le par les élus Verts

En juin 2008 j'ai souhaité, dans le cadre de mon mandat d'Adjointe à la santé, que la ville s’engage pour que la pratique de l’IVG médicamenteuse soit autorisée dans les CMS. Il s’agissait de proposer à l’approbation du Conseil municipal la signature d’une convention avec REVHO : réseau ville - hôpital pour l’orthogénie. Dès lors, les médecins exerçant dans les CMS pourraient prescrire cette IVG.
Bien que votée en conseil municipal à la majorité des voix, la délibération a donné lieu à un débat qui a souvent davantage investi le terrain de l’éthique, que celui des conditions pratiques de la mise en place de ce dispositif.
Le groupe des élus Verts auquel j'appartiens, a obtenu alors que cette délibération « passe au vote » et proposé la mise en place d’une commission municipale extraordinaire avant toute application de cette pratique. 
Ma volonté de favoriser un débat ouvert à toutes les sensibilités du conseil municipal, éclairé par l’expérience des médecins pratiquant cette méthode en ville et aussi à l’hôpital, a permis d’aboutir en fin de processus à une approbation unanime de la signature de cette convention avec le réseau REVHO.
Le résultat de cette concertation sera présenté sous la forme d’un compte rendu à l’assemblée des élus municipaux, du travail mené par cette commission.

Claire Dexheimer Adjointe à la santé

Publié dans santé prévention

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marc fretter 22/10/2008 16:29

Bonjour,

que devient votre projet ? est-il tombé à l'eau ou cela restera t'il un voeux pieu?

L'accès à la contraception est très difficile pour certains...

Etes-vous médecin et avez vous une expérience dans ce type de démarche ?

Cordialement,

Marc

les élus Verts 24/10/2008 12:21



Bonjour Monsieur Fretter
Bien entendu, le projet n'est pas à l'abandon. Les médecins des centres de santé qui le souhaitent, et qui d'ailleurs attendaient avec impatience d'y être autorisés, vont à présent
signer la convention et suivre une formation leur indiquant les étapes indispensables au bon déroulement de cette pratique.


Je ne suis moi-même pas médecin, mais appuyée par une conseillère municipale qui l'est et qui est la première personne que j'ai
consulté avant de prendre ma décision. Par ailleurs, en tant qu'élue à la santé, je me fait un devoir d'être à l'écoute des besoins qui, dans ce domaine, sont particulièrement pressants. En
effet, l'accès à l'IVG à l'hôpital devient de plus en plus difficile, il me semblait donc juste d'élargir les possibilités pour les femmes de ne pas poursuivre une grossesse non
désirée. 


En ce qui concerne l'accès à la contraception, il est effectivement rendu plus difficile par son coût. Il faut que les femmes
soient informées des possibilités de prise en charge de leur contraception. Il faut aussi militer pour une contraception facilitée et pourquoi pas, gratuite. Parce qu'il ne faut pas confondre
contraception et IVG. S'il faut défendre cette dernière "bec et ongles", il ne faut pas oublier qu'elle est un remède là où la prévention est possible. Dans cette bataille  l'information est
l'arme essentielle. Le mouvement du planning familial porte cette conviction et la transmet aux plus jeunes chaque fois que c'est possible en l'associant à la lutte contre les MST. Les
collectivités territoriales ont aussi un rôle à jouer à tous les niveaux, c'est pourquoi je m'efforce d'avancer dans ce sens, qui est aussi celui de mes convictions. 


Dernier mot sur l'IVG médicamenteuse : Il s'agit d'une alternative à l'IVG instrumentale, c'est à dire un choix de plus pour les
femmes. Il est important qu'elles soient informées de ce qui les attend pour faire un choix en toute connaissance de cause. Certaines préfèreront peut-être une anesthésie qui ne les rendra pas
témoins d'une réalité difficile, tandis que d'autres préfèreront l'intimité du domicile pour cette même réalité non moins difficile, pour ne citer que quelques arguments... Quoi qu'il en soi, la
décision de chaque femme lui appartient, et c'est après un temps de réflexion que le traitement est donné, ce temps, qui permet à la femme de prendre une décision pesée, permet aussi l'examen
clinique et parfois psychologique de la patiente afin que tous risques soient écartés.
J'espère
avoir répondu à vos questionnements.
Claire Dexheimer